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mardi 15 avril 2014

écouter: Frédéric Lordon, La Malfaçon. Monnaie européenne et souveraineté démocratique

écouter:
Frédéric Lordon, La Malfaçon. Monnaie européenne et souveraineté démocratique
La Grande Table (2ème partie) par Caroline Broué, 09.04.2014

1) Frédéric Lordon, La Malfaçon. Monnaie européenne et souveraineté démocratique
Là-bas si j'y suis par Daniel Mermet, 02.04.2014
2) Frédéric Lordon, La Malfaçon. Monnaie européenne et souveraineté démocratique
Là-bas si j'y suis par Daniel Mermet, 03.04.2014
Frédéric Lordon
La Malfaçon
Monnaie européenne et souveraineté démocratique
Les Liens qui Libèrent
2014

Présentation de l'éditeur
L’européisme est devenu le pire ennemi de l’Europe. Ne voulant plus que « l’Europe » intransitivement, c’est-à-dire sans le moindre égard pour ses contenus concrets, prêt s’il le faut à martyriser des peuples entiers, en Grèce, au Portugal ou en Espagne, il est devenu une obstination aveugle auquel il est temps de mettre un coup d’arrêt. Au-delà de ses pires désastres économiques, sa tare majeure, et congénitale, est politique : le déni absolu de toute expression des souverainetés populaires. Certains, à gauche, continuent cependant de croire qu’on pourra changer l’euro austéritaire en un euro social. Mais, la crise présente l’a assez démontré, une monnaie unique aimable suppose d’être parachevée par une union politique authentique… que l’européisme présuppose sur le mode de la pure pétition de principe sans jamais vouloir en analyser les exigeantes (et improbables) conditions de possibilité. 
Aussi bien l’urgence économique et sociale que la disponibilité immédiate des institutions matérielles et symboliques de la souveraineté commandent alors de réexaminer de près l’option des monnaies nationales. Sous deux codicilles cependant : 1) reconstruire les concepts de souveraineté et de nation d’une manière qui les rendent irrécupérables par l’extrême-droite ; 2) réaffirmer que défaire la monnaie européenne, de toute façon aussi mortifère que non-viable, n’exclut nullement de continuer à œuvrer pour l’approfondissement résolu de tous les autres liens entre les peuples européens – et enfin de faire Europe autrement que par l’économie ! –, ni même de penser à refaire un commun monétaire européen, sous la forme non plus d’une monnaie unique mais d’une monnaie commune.

jeudi 14 février 2013

écouter: Frédéric Lordon à propos du film Le grand retournement + Lordon et l'équipe du film au Cinéma des Cinéastes

écouter:
Gérard Mordillat, François Morel, Frédéric Lordon et l'équipe du film
Là-bas si j'y suis par Daniel Mermet, 21.01.2013

Frédéric Lordon à propos du film Le grand retournement
Le RenDez-Vous par Laurent Goumarre, 11.01.2013

Frédéric Lordon et l'équipe du film à l'Avant Premiere du film "Le Grand Retournement" au Cinéma des Cinéastes, 8 janvier 2013

dimanche 5 août 2012

video: Rencontres Déconnomiques (6-8 juillet 2012) avec Frédéric Lordon, Renaud Lambert, François Ruffin, etc.



Vendredi 6 juillet 2012

Cérémonie avec « Le Grand Mamamouchi »

• André-Jacques Holbecq (conférence) « La monnaie et la dette »

• Alain Persat (conférence) « Comprendre nos erreurs économiques
pour proposer des solutions »



Jacques Le Bohec (conférence)
• « Les journalistes et l'économie,
un regard historique sur la presse »

• Fabrice Aubert (conférence)
• « La crise… c'est la faute aux grecs »



• François Ruffin (conférence)
• « Le protectionnisme »


• «Les nouveaux chiens de garde» (projection)
Un film de Gilles Balbastre et de Yannick Kergoat
Débat animé par Gilles Balbastre



Samedi 7 juillet 2012

Autoentartage


 • Conférence musicale de Richie Jobs (sketch)


 • Gérard Duménil, Gérard Filoche, Frédéric Lordon
• Débat : « Crise économique ? Réponses politiques ? »


  • Renaud Lambert (conférence)
• « Conflits d'intérêts, la responsabilité des médias »


• René Teboul (conférence)
• « Les origines de la pensée économique »


  • Frédéric Lordon (conférence)
• « Etat de décrépitude de la zone euro »


• Gérard Filoche (conférence)
• « La dette et la destruction du code du travail »







  • Jean-Philippe Desbordes (conférence)
• « L'économie dans les relations
et les problématiques du management »


  • Gérard Duménil (conférence)
• « D'où vient la crise,
où vont le néolibéralisme et le capitalisme ? »


• Hervé Kempf (conférence)
• « Economie politique du post-capitalisme »



Dimanche 8 juillet 2012

• Lancement de la journée
• avec « Le Grand Mamamouchi »

 • Lecture d'un texte de Frédéric Lordon



• Gérard Mordillat (conférence)
• « Il n'y a pas d'alternatives »
• Lecture de Cécile Mazan pendant la conférence

 • Claude Escarguel (conférence)
• « L'entreprise équitable : faire des salariés
les copropriétaires de leur entreprise »


 • « Margin Call » de J.C. Chandor (projection)

dimanche 4 mars 2012

Présidentielle : la campagne vue par Frédéric Lordon


     Présidentielle: la campagne vue par Frédéric Lordon

Télérama, Le 29 février 2012

Jusqu'au 1er tour tour de la présidentielle, Télérama.fr publie le journal de campagne de cent personnalités du monde culturel. Aujourd'hui, l'économiste Frédéric Lordon.








Franklin D. Roosevelt, 1936. photo : U.S. National Archives wikipedia creative commons
Gauche de gauche, gauche de droite

Par une déformation de lecture dont on ne sait plus ce qu’elle doit à une incompréhension feinte ou à la simple bêtise, les éditorialistes se sont plu à entendre une mention à la « gauche de la gauche » quand la tribune publiée il y a quatorze ans par Pierre Bourdieu en appelait, elle, à une « gauche de gauche » – formidable pouvoir des mots qui en deux signes à peine modifient du tout au tout le sens d’un propos. Il est vrai que les intérêts à ne pas comprendre étaient trop puissants pour que Bourdieu ait la moindre chance d’être entendu, qui n’avait aucune intention de disserter sur les mouvements (symptomatiquement) dits d’« extrême-gauche », et seulement celle d’appeler « la gauche » à être de gauche – si ça n’était pas trop demander.
Mais quelle « gauche » ? Bien sûr celle qui s’accroche au label comme à son dernier oripeau symbolique, héritière ayant depuis belle lurette dénoncé l’héritage, le parti socialiste au socialisme parti, mais maintenu dans ses titres de créance politique, comme un malade en phase terminale sous respirateur, par un univers médiatique confusément conscient d’avoir aussi à se sauver lui-même, et décidé à investir dans ce combat-là toute son autorité véridictionnelle – ceux des éditorialistes qui veulent continuer d’avoir l’air de gauche doivent donc réputer « de gauche » les politiques avec lesquels ils font peu ou prou cause commune.

C’est cette sorte de solidarité inavouée qui conduit Libération à titrer pleine page un énorme « De gauche » (1) au lendemain du discours de François Hollande au Bourget, implacable et désastreuse logique où passent à la fois l’ombre de la dénégation, le désir forcené de croire soi-même à ses propres énoncés et d’y trouver un semblant de réassurance, a contrario l’importune révélation d’un doute profond qui suit de devoir réaffirmer ce qui normalement devrait aller sans dire – et manifestement ne va pas de soi : quiconque éprouve-t-il le besoin d’informer que Sarkozy est « de droite » ? –, enfin l’espoir d’un résidu de pouvoir performatif par lequel les assertions éditoriales parviendraient encore à faire être ce qu’elles énoncent. Hélas, solidaires dans la certification mutuelle de leur identité « de gauche », éditorialistes et hiérarques « de la gauche » sont solidairement emportés lorsque, mentionnant « la gauche de la gauche », ils laissent maladroitement entendre ipso facto que « la gauche », leur « gauche », n’est finalement pas très de gauche.
Et le fait est qu’elle ne l’est pas beaucoup… supposé même qu’après deux décennies de conversions à tout, il y ait encore le moindre titre auquel elle le soit. Si pourtant l’on veut pouvoir soutenir d’une manière moins intuitive que « la gauche » manque jusqu’à la raison d’être tautologique qui devrait la faire être de gauche, encore faut-il se doter d’un critère de la gauche, mais d’un critère qui ne peut en aucun cas être celui des étiquettes ordinairement distribuées par les prescripteurs du débat public dont on sait qu’ils disent le parti socialiste « de gauche » comme on compte encore la puissance des voitures en « chevaux vapeur » : par habitude, inertie, paresse intellectuelle, et sans plus avoir le moindre sens des mots. Parfois l’appareil socialiste se souvient qu’il a encore la possibilité de payer en simples oblats verbaux – alors il dit « justice sociale » ou « inégalités » (il est contre). Mais que dit-il quand il est question de joindre le geste à la parole ? Si peu qui soit de nature à rapporter ces effets à leurs causes, et en fait rien à propos du cadre structurel qui les détermine vraiment. Car voilà ce qu’on pourrait dire à propos de la gauche, de la gauche de gauche : elle est un certain rapport au cadre.

Gauche/droite : une affaire de cadre

Mais quel cadre ? Celui que tous les « indifférenciateurs », ex-Fondation Saint Simon, actuelle République des idées, fondations Terra Nova ou Jean Jaurès, les unes jadis préposées au rapprochement de « la droite modérée et de la gauche intelligente » (ou l’inverse), les autres aujourd’hui précepteurs de la « gauche de gouvernement », ont promu depuis presque trois décennies pour en faire un impensé, en tout cas un inquestionnable du débat politique, le cadre à l’intérieur duquel sont autorisées à s’exprimer les seules différences légitimes, par là nécessairement secondes, et à l’extérieur duquel il n’y a plus que des questions inqualifiables, posées par des questionneurs disqualifiés, soit : le primat de la finance actionnariale, le libre-échange, l’orthodoxie de politique économique sous surveillance des marchés financiers, c’est-à-dire synthétiquement… la construction européenne de Maastricht-Lisbonne !
Or pour qui cherche vraiment le fin mot des inégalités et des formidables régressions imposées au salariat, c’est bien dans ce triangle qu’il faut chercher :
1) la contrainte actionnariale telle qu’elle impose des objectifs de rentabilité financière dont les masses salariales sont la variable d’ajustement (contrainte actionnariale qui n’est certes pas directement promue par le traité européen… mais contre laquelle on ne lutterait qu’au prix d’une suspension de son article 63 interdisant toute entrave aux mouvements de capitaux (2) ;

2) le libre-échange dont les principes de concurrence non distordue imposent les pires concurrences distordues (avec des pays dont les standards sociaux et environnementaux sont pour l’heure sans rapport possible avec les nôtres) ;

3) un modèle de politique économique quasi constitutionnalisé par le traité européen qui organise délibérément sa propre tutelle par les marchés financiers (l’article 63 encore) et consacre la prééminence des créanciers internationaux au point d’en faire les nouveaux ayant-droit prioritaires des politiques publiques : leurs demandes d’austérité passeront avant toutes les autres, et notamment celles des corps sociaux.

Il n’est pas inexact de dire parfois qu’« il n’y a pas alternative », mais à la condition – hors laquelle le fait d’escroquerie intellectuelle est constitué – d’ajouter aussitôt qu’une proposition de ce genre n’a de validité qu’à l’intérieur d’un certain cadre, et sous la prémisse implicite de ne pas toucher à ce cadre. Or si dans le « certain cadre » il n’y a pas d’autre solution possible, il y a néanmoins toujours la solution de sortir du cadre. Et de le refaire. Les choses deviennent alors étrangement simples sous cette perspective : être de gauche, c’est être prêt à attaquer le cadre. Si la gauche de gauche est un certain rapport au cadre, alors voilà quel il est : de liberté et de souveraineté.

L’éternel retour du refoulé européen

Le cadre actuel est parfaitement visible et connu de tous. C’est le cadre européen de Maastricht-Lisbonne. La question – décisive – est alors la suivante : qu’a donc à dire à propos de ce cadre le candidat estampillé « de gauche » par le journal « de gauche » Libération ? Par une de ces infortunes qui ruinent les plus belles promesses, François Hollande doit faire campagne alors que les parlements délibèrent du MES (Mécanisme européen de stabilité) et du TSCG (Traité sur la stabilité, la coopération et la gouvernance), soit deux dispositions qui, bien malencontreusement, viennent rappeler la chose que toutes les campagnes présidentielles passées, par là réduites à l’insignifiance, s’étaient efforcées de faire oublier : il y a ce cadre et nous sommes dedans… Et comble de malheur, ces deux traités, aussi peu respectueux des embarras que des calendriers de « la gauche » française, n’ont pas d’autre objectif que de le resserrer et de le durcir, mais à un point inimaginable.

Responsable du pôle « Europe » dans l’équipe du candidat « socialiste », Christophe Carèsche dit à voix haute et intelligible sa terreur de voir « ressusciter le débat sur l’Europe de 2005 » (3). Ca n’est pas la chose elle-même – le cadre – qui lui fait peur, c’est qu’on doive en parler. C’est que les stratégies de l’évitement et de l’escamotage n’ont qu’un temps… et, fatalité sans doute analogue à celle du refoulé, les débats dérobés sont simplement condamnés à l’éternel retour. C’est en tout cas à ce genre de refus, refus de tout ce qui pourrait conduire à devoir prendre position sur le cadre, que s’exprime le mieux le désir profond de n’en rien toucher, et l’on en vient à se demander quels degrés de destruction sociale les austérités européennes devront atteindre, quelles quantités de chômeurs, de pauvres dans les rues, quelles régressions sociales et sanitaires il faudra connaître pour qu’un jour le parti socialiste se décide à considérer qu’il y a un problème avec cette Europe.

À l’évidence, ces seuils sont encore très loin et, pour l’heure, les hommes du candidat n’ont trouvé à dire que leur inquiétude… de l’inquiétude des investisseurs : « Il (François Hollande) est plutôt hostile à un défaut qui risque d’augmenter la défiance des investisseurs » (Jérôme Cahuzac) ; « On peut dire que baisser le Smic n’est pas la solution pour résoudre la question de la dette, mais aller au-delà c’est prendre le risque que la Grèce ne trouve les relais de financement » (Karine Berger, économiste de l’équipe de campagne) (4). L’idée qu’il pourrait être temps d’envisager de soustraire le financement des déficits à l’emprise exclusive des marchés de capitaux ? Elle ne leur traverse pas l’esprit un instant. Il est vrai que c’est là le genre de proposition qui a pour effet de « ressusciter les débats » qu’on voudrait morts – dit plus précisément : de s’en prendre au principe cardinal du modèle européen de politique économique, alias commencer à sérieusement craquer le cadre.

Mais il y a beau temps que, dans une démonstration d’expiation sans fin du péché de 1981, l’équipe socialiste s’est installée dans la position du magistère orthodoxe, faisant assaut d’hypercorrection, donnant la leçon à la droite incapable de garder le triple A, se faisant forte, elle, de le reconquérir, sans qu’un seul instant lui vienne à l’idée que ce critère, qui enferme à soi seul l’empire de la finance sur les politiques souveraines, est la métonymie de ce qu’il faut détruire et non de ce qu’il faut servir.

Entre flou artistique et aviron dans la semoule, le candidat fait savoir qu’il renégociera les traités, au moins le TSCG. Un autre journal de « la gauche », Le Monde (?), conclut à ce propos que « M. Hollande ne doute pas de sa capacité, une fois élu, à infléchir le cours des choses ». Le problème c’est que nous si. Et avec quelques bonnes raisons. Il s’est trouvé fort peu de personnes, en tout cas dans cette presse, pour rappeler qu’en 1997, M. Jospin pendant la campagne des législatives avait juré ses grands dieux qu’il ne ratifierait pas le traité d’Amsterdam sauf trois conditions impératives – un gouvernement économique pour compenser le poids de la BCE indépendante, un rééquilibrage de la future parité de l’euro, une renégociation du « pacte de stabilité » –, trois conditions évanouies en à peine deux semaines de gouvernement...
C’est que la liste est si longue des renoncements, des conversions et des trahisons de « la gauche » qui n’est pas de gauche, la gauche de droite, en tout cas d’après ce criterium simple : être de droite, c’est vouloir ne pas changer le cadre ; être de gauche, c’est vouloir le transformer – et même 75% de taux supérieur d’imposition ne qualifient pas à être de gauche, qui ne font que réparer à la marge les dégâts d’inégalité à l’intérieur du cadre, inaltéré.

« Gauche et droite, ça ne veut plus rien dire » pontifient les experts de plateau – ânerie monumentale, adéquate au dévoiement général des mots, mais vérité pénible si l’on s’en tient à la chose qu’ils ont décidé d’étiqueter « la gauche ». Même Nicolas Sarkozy finit par s’y tromper qui dans sa déclaration de candidature dit « la droite comme la gauche » avant de se reprendre « la droite contre la gauche ». Il est vrai que lorsqu’on a chaleureusement accueilli Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, commandé rapport à Jacques Attali et loupé de peu Manuel Valls, il y a de quoi s’y perdre soi-même – on notera en passant avec quel talent les trois renégats s’en sont retournés au bercail « socialiste » où ils ont d’ailleurs aussitôt retrouvé le gîte et le couvert.

Tiens, en passant, c’est le même Jean-Pierre Jouyet qui avertit sans ciller début janvier que « la campagne va être sous surveillance de la finance » Et ? Et… rien. Pas de problème particulier. La finance des marchés obligataires a déjà bien en main le pouvoir de conformer les politiques économiques selon ses intérêts exclusifs, Jean-Pierre Jouyet trouve donc simplement logique que la campagne doive se montrer respectueuse, c’est vraiment la moindre des évidences, du cadre où elle nous tient. Contester le cadre ? Mais quelle idée !


Il fallait donc une crédulité enfantine ou bien le goût du frisson pour vibrer avec François Hollande désignant la finance, son ennemie sans visage. Mais comme jadis Lionel Jospin – quoique cette fois-ci avant même l’élection ! – la paix a été faite avec « l’ennemie » à peine la guerre déclarée ; et le passage-éclair de François Hollande à Londres pour rassurer la City quant à l’innocuité de ses intentions réelles, rendre hommage à Tony Blair et écarter lui-même l’hypothèse – extravagante – qu’il pourrait être un « idéologue de gauche » (5), restera sans doute dans l’histoire de « la gauche » comme l’un de ces moments de reniement et d’apostasie dont se nourrissent la Grande Indifférenciation, l’idée que « gauche » et « droite » ne veulent plus rien dire, fausse en général mais vraie dans le cas présent, et, à la fin des fins, un FN à 20%, lui bien décidé à profiter de la confusion des semblables pour recréer des différences.


Espoirs et désespoirs d’une critique de gauche en période électorale

Il faut sans doute reconnaître que ça n’était pas une idée bien fameuse de s’engager à écrire cette tribune à ce moment de la campagne où typiquement il devient impossible de dire quoi que ce soit qui puisse dominer l’intensité des (légitimes) angoisses d’une réélection de Sarkozy, et où toute critique du candidat « de gauche » est immanquablement reçue comme « faisant le jeu » de l’adversaire de droite. De la même manière qu’il serait opportun de purger le débat économique du mot « réforme », il faudra pourtant bien un jour débarrasser le débat politique de « faire le jeu », cette objection-écran bien faite pour ne jamais poser les problèmes – envisager la démondialisation, par exemple, c’est « faire le jeu du FN »…

Car après tout il y a deux manières de faire face à la situation présidentielle : la première qui, d’angoisse incoercible, ne s’accorde plus la moindre liberté électorale et s’enferme avec acharnement dans le discours du « vote utile », négation du principe même d’un scrutin à deux tours !, mais désormais portée à un tel point d’affolement qu’elle en vient à contaminer jusqu’aux primaires : soit quatre tours de scrutin, mais surtout voter utile dès le tout premier ! Rousseau avait déjà souligné, à l’endroit du peuple anglais, l’illusion qui consiste à se croire politiquement libre quand on n’a la parole qu’à l’occasion du vote, avec prière de retourner au silence de la passivité pour les cinq ans qui suivent. Mais qu’aurait-il pensé de cet argument du « vote utile » qui demande en plus d’aliéner cette « liberté » dès les tours de scrutin où elle pourrait être exprimée ?

On dira que la manière inverse ne mène pas bien loin et qu’elle n’a pour elle qu’un mouvement d’humeur : celui qui n’en peut plus de la prise d’otages par laquelle le parti socialiste ne s’efforce même plus d’ajouter le moindre argument substantiel à la simple phobie anti-droite – habitude maintenant contractée de longue date, mais qui se souvient du slogan exhaustif de sa campagne pour les législatives de 1986 « Au secours, la droite revient ! » ? Mouvement d’humeur cependant qui a au moins la vertu de rappeler en quoi consiste vraiment la différence droite-gauche, et aussi de faire faire son chemin à l’idée que pour se débarrasser de la prise d’otages il faut se débarrasser des structures qui arment la prise d’otages – en l’occurrence le scrutin présidentiel même, qu’il est temps d’envoyer aux poubelles de l’histoire.

Et puis l’on entendra inévitablement, d’exaspération et de panique mêlés, les rappels au front uni, à la hauteur des enjeux et à l’irresponsabilité de dénoncer la « gauche de droite », qui plus est « à ce moment là », plutôt que de réserver ses traits à la droite tout court (qui n’est pas de gauche). Mais que la droite soit, elle, conforme à son concept, il n’y pas grand-chose à y objecter, juste à la combattre – mais en étant de gauche. C’est que « la gauche » devienne de droite l’anomalie qui crève les yeux et – paradoxe oculaire – finit par se voir. Il faut donc prendre au pied de la lettre les inquiets qui ne jurent que par le salut de « la gauche » : ils veulent réserver la critique à la droite ? C’est parfait : c’est toute la droite-du-cadre, et elle seulement, qui y aura droit.

Hollande, Obama… Roosevelt

Alors oui, il est probablement sans espoir de rappeler aujourd’hui que la droite modérée, c’est-à-dire le parti socialiste, rend toujours aussi actuel l’appel à « une gauche de gauche », cette pathétique supplication pour que la gauche soit de gauche. Mais qu’est-il permis d’attendre du débat politique un 2 mars, à deux mois du scrutin ? À peu près autant que d’un avertissement aux prévisibles désillusions d’une présidence Obama qui aurait été formulé en octobre 2008... Obama dont précisément François Hollande déclare qu’il « pourrait avoir les mêmes conseillers que lui »….

Heureuse référence, mêlée d’un touchant accès de candeur, par laquelle Hollande nous laisse entrevoir en quelques mots ce qu’il est raisonnable d’espérer de son éventuelle présidence, à savoir rien – comprendre rien de significatif si l’on entend par là de s’en prendre vraiment, c’est-à-dire autrement qu’en mots, aux causes structurelles qui déterminent les plaies contre lesquelles on prétend vouloir lutter : chômage, inégalités, précarité, souffrance salariale, régression de l’Etat social, etc.

C’est que le bilan d’Obama ne plaide pas exactement pour qu’on s’en fasse un blason : qu’en reste-t-il si l’on met de côté la réforme de la sécurité sociale propre au contexte étasunien ? On attendait d’un président démocrate arrivant au pouvoir avec une opportunité historique en or, deux mois après la faillite de Lehman, qu’il brise les reins de la finance – mais la loi de régulation financière (Dodd Frank Act) est un ventre mou offert à tous les contournements et à toutes les éviscérations par le lobby de l’industrie financière, sinistre préfiguration de l’ersatz hollandais qui désigne peut-être un ennemi sans visage mais se prépare à l’affronter sans mains.

La finance déréglementée peut donc avoir mené le monde au bord du chaos et il ne se trouve nulle part aucune volonté politique pour l’arraisonner vraiment (6). C’est que l’on ne crée pas d’espace de régulation financière sérieuse sans revenir sur le dogme de la parfaite liberté de mouvement des capitaux, c’est-à-dire sans ajouter des restrictions et des protections capables de rendre viable la dénivellation réglementaire avec un extérieur faisant le choix de demeurer dérégulé (ou faiblement régulé)… donc sans devoir passer sur le corps de l’article 63 du traité de Lisbonne – encore...

Mais quelle est exactement cette « gauche » dont il ne se trouve aucun leader capable d’une parole à la hauteur de la situation au moment même où le capitalisme convulse ! La référence à Obama qui se voulait avantageuse est en fait tragique. Car ceux qui attendaient du président étasunien un nouveau Roosevelt, confronté à une crise historique en effet semblable à celle des années 30, en ont été rapidement pour leurs frais. Le séisme n’a donc pas encore été suffisamment important pour que cette « gauche » passée à la Javel soit de nouveau capable d’apercevoir que le capital libéré de tout détruit la société, qu’il y a des classes, que ces classes sont en lutte, qu’il lui appartient, normalement, dans cette lutte, de prendre parti.

Mais Obama, effrayé par ses premières audaces (?), n’a rien eu de plus pressé que de cajoler à nouveau Corporate America, de l’assurer de sa fidélité, et finalement d’épouser ostensiblement sa cause ; n’a-t-il pas d’ailleurs nommé Jeffrey Immelt, président de General Electric et sorte de parangon du grand capital, à la tête de son Groupe de conseillers économiques (Economic Advisory Panel) ? – la voix de son maître…

En 1936, au Madison Square Garden, en campagne pour sa ré-élection, Roosevelt, confronté aux forces réactionnaires du capital, arc-boutées dans la préservation de toutes leurs licences, Roosevelt, donc, fait de la politique à la hauteur de l’histoire : « Nous avons à lutter contre les vieux ennemis de la paix – le business et les monopoles financiers, la spéculation, les banques déchaînées (…) Ceux-là ont commencé à faire du gouvernement des Etats-Unis une simple dépendance de leurs affaires (…) Jamais dans notre histoire ces forces n’ont été liguées comme aujourd’hui contre un candidat. Elles sont unanimes dans la haine qu’elles me portent – et j’accueille cette haine avec plaisir. » On se prend à rêver d’un candidat socialiste qui n’aurait pas oublié le sens du mot socialiste, et qui se ferait un honneur de défier les forces de l’argent, d’entrer en guerre ouverte contre elles, et de s’en faire détester. On se réveille, et l’on sait dans l’instant que l’époque contemporaine attendra encore un moment son Roosevelt.


<p>photo : Sylvhem<br />
wikipedia CC</p>
photo : Sylvhem
wikipedia CC
Frédéric Lordon est directeur de recherche au CNRS. Il a récemment publié D'un retournement l'autre, comédie sérieuse sur la crise financière, en quatre actes et en alexandrins (Seuil, 2011) ; Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza (La Fabrique 2010). Il tient également le blog du Monde Diplomatique La pompe à phynance .





(1) Libération, 23 janvier 2012.
(2) Voir à ce sujet “Enfin une mesure contre la démesure de la finance : le SLAM !”, Le Monde diplomatique, février 2007.
(3) Lénaïg Bredoux, “Hollande et la Grèce : un exercice d’équilibriste”, Médiapart, 21 février 2012.
(4) Id.
(6) Pour des éléments un peu plus substantiels en ce sens voir par exemple, “Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières”, La pompe à phynance,  avril 2008 et “Si le G20 voulait…”, La pompe à phynance, septembre 2009.

mardi 15 novembre 2011

video: Frédéric Lordon, débat Comment sauver les banques et à quel prix + Rencontre avec les économistes atterrés

Frédéric Lordon, débat  Comment sauver les banques et à quel prix
Ce soir ou jamais, 11 octobre 2011


Quelles réponses à la crise? Débattez avec les «économistes atterrés», Mediapart, Maison des métallos, 6 octobre 2011

Benjamin Coriat (Paris-13),Thomas Coutrot (co-président d'Attac-France),Cédric Durand (Paris-13), Frédéric Lordon(CNRS), Henri Sterdyniak (OFCE) et Julie Valentin (Paris-1). Pascal Maillard, «chercheur en littérature» (université de Strasbourg), promoteur de l'Appel européen contre la dictature financière

mardi 1 novembre 2011

video: Frédéric Lordon et Christian Laval, Avons-nous seulement compris ce qu’est le néolibéralisme ?

Avons-nous seulement compris ce qu’est le néolibéralisme ?

Avec
  • Christian LAVAL (co-auteur de La Nouvelle Raison du monde. Essai sur la société néolibérale) et
  • Frédéric LORDON (auteur de Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza).
  • Débat animé par Laurent JEANPIERRE (professeur de science politique, membre du collectif éditorial de RdL).
  • 17 septembre 2011

     

lundi 10 octobre 2011

Crise bancaire : le casse du siècle « Manière de voir » n° 119 — Octobre-novembre 2011


 Crise bancaire : le casse du siècle

« Manière de voir » n° 119 — Octobre-novembre 2011
Au gré de leur expansion, les banques ont projeté dans tous les domaines de l’activité humaine leur logique, leurs intérêts et leurs pratiques. Un regard sur les ruines de l’économie mondiale inspire cependant une question qui peut sembler triviale : au fait, à quoi devaient-elles servir ?
Numéro coordonné par Renaud Lambert et Pierre Rimbert
Lexique
Bâtisseurs de ruines
Pierre Rimbert

I. Alchimistes du guichet


Derrière les façades centenaires des institutions de Wall Street, de Londres, de Paris ou de Hongkong, un nouvel ordre bancaire s’est mis en place imperceptiblement au milieu des années 1970. Les fondements du commerce de l’argent codifiés après le krach de 1929 pour les besoins du capitalisme industriel se sont effrités, puis ont explosé, sous la poussée d’une force brute nommée finance. En moins d’une décennie, les frontières nationales et les chaînes législatives qui reléguaient les établissements de crédit au troisième rang économique derrière les Etats et les grandes entreprises ont tour à tour été brisées. Le marché planétaire appelait un système bancaire global.
Ce nouvel ordre dispose d’outils, d’agents, d’institutions et de régulations spécifiques. Dans les bureaux haut perchés, le jeune loup au costume clinquant a évincé l’homme gris et son sous-main de cuir ; des instruments d’une sophistication inédite, des tactiques florentines, des profits himalayens ont supplanté le ronron du prêt à intérêt garantissant une marge de 3 % ; l’informatique et les mathématiques ont aboli l’espace et le temps des transactions.
En Europe, la politique monétaire, rouage central du gouvernement économique, fut soustraite au monde politique et placée sous le contrôle d’une Banque centrale « indépendante », c’est-à-dire proche des milieux d’affaires. Après quatre ans de tempête financière, un regard sur les ruines de l’économie mondiale inspire une question qui peut sembler triviale : au fait, à quoi devaient servir les banques ?
Une galerie de voyous respectables
Nicolas Guilhot
D’où viennent les produits dérivés ?
Ibrahim Warde
Néoconquistadors
Pedro Ramiro
HSBC, histoire d’eau et d’opium
Jean-Louis Conne
Les banquiers centraux, pompiers pyromanes
Frédéric Lebaron
Protéger le « mur de l’argent »
Serge Halimi
L’absurde statut de la Banque centrale
John Grahl
Pour quelques milliards de plus
Paul Lagneau-Ymonet et Angelo Riva
Leçons d’histoire financière
P. L.-Y. et A. R.
Infortunes des normes internationales
Dominique Plihon

II. Une emprise tentaculaire


Que la faillite, en septembre 2008, d’une seule entreprise, Lehman Brothers, ait pu conduire le monde au bord du gouffre indique assez la centralité des banques dans la vie économique. Que celles-ci aient ensuite forcé les Etats à échanger leurs dettes « pourries » contre de l’argent frais (c’est-à-dire contre le travail) du contribuable suggère cette fois l’ampleur du problème : le rouage a domestiqué la machine, le moyen s’est métamorphosé en fin.
A cela rien d’étonnant. Au gré de leur expansion, les banques ont projeté dans tous les domaines de l’activité humaine leur logique (celle du crédit et du profit), leurs intérêts (les anciens de Goldman Sachs hantent les coulisses de Washington), leurs pratiques (celles du jeu spéculatif) et leurs produits (ô les dettes douteuses titrisées et dispersées aux quatre vents !). Qui veut remonter aux racines d’une crise immobilière en Espagne, d’une opération de blanchiment en faveur d’un dictateur chilien, de l’endettement de pauvres au Bangladesh tombe à coup sûr sur une banque ; l’enquêteur qui cherche à démêler les pratiques opaques d’une chambre de compensation luxembourgeoise tombe en revanche sur un os…
Les présidents américains passent, Goldman Sachs demeure
I. W.
Un réseau serré d’amitiés haut placées
I. W.
La Riggs, blanchisseuse de dictateurs
Alain Astaud
« Mon cher général Pinochet... »
A. A.
La machine sacrée
Yves Jeanneret et Emmanuël Souchier
Complicités dans le trafic de drogue
Christian de Brie
Pauvres, votre argent les intéresse
Jean-Loup Motchane
A Madrid, des vies « sous hypothèque »
Raúl Guillén
« Ma victoire dans l’affaire Clearstream »
Denis Robert

III. L’ère du parasitisme


Economie de spéculation contre économie de production : c’est l’Annapurna contre les causses du Larzac. D’un côté, la valeur des produits dérivés fabriqués par les banques vole vers les cimes ; de l’autre, la richesse mondiale trace sa courbe débonnaire, plafonnée à un niveau dix fois moindre (voir Production et spéculation). Problème : les titres spéculatifs les plus alambiqués reposent en dernier ressort sur des actifs bien réels, comme la tique sur le dos de sa proie. Quand crève la bulle du capital fictif, ce ne sont pas les parasites mais les peuples qui écopent.
Le tour de passe-passe n’a pas échappé aux Islandais, mis en demeure de rembourser une ardoise vertigineuse laissée par les banquiers. Consultés par référendum, ils ont par deux fois dit « non ». On imagine sans peine le résultat d’un tel scrutin organisé en Grèce, en Irlande, en Espagne, au Portugal, en Italie, bref dans tous les pays où la collectivisation de la dette bancaire privée se traduit par l’austérité publique.
Si les populations ainsi rançonnées se défient des acrobaties financières, le petit milieu des économistes, courtiers et analystes semble n’avoir rien appris. Serait-ce parce qu’il n’a rien encouru ? Après la faillite des caisses d’épargne américaines à la fin des années 1980, des centaines de responsables avaient fini derrière les barreaux. Cette fois, les aigrefins qui pilotent les institutions faillies ont exposé leurs turpitudes devant des commission parlementaires. Puis ils ont repris leurs affaires.
Les Islandais votent contre les banquiers
Silla Sigurgeirsdóttir et Robert Wade
Primes et châtiments des traders
I. W.
Tout travail mérite-t-il salaire ?
P. R.
Lumière dans la salle des coffres
Juliette Renaud et Juliette Rousseau
L’exemplaire faillite des caisses d’épargne américaines.
Jacques Decornoy
Comme si rien ne s’était passé..
I. W.
Les marionnettes politiques et leurs bienfaiteurs
S. H.
Pour un système socialisé du crédit
Frédéric Lordon
Ce numéro est accompagné de photographies tirées de l’ouvrage « Détroit, vestiges du rêve américain », d’Yves Marchand et de Romain Meffre (éditions Steidl, Göttingen, Allemagne).

Cinéma

« Cleveland contre Wall Street ».
De la corbeille à la barre
« Espanistan ». De la brique à la trique
« Inside Job ». De la chaire au tiroir-caisse

Littérature

Charles Dickens, « Temps difficiles »
William Shakespeare, « Le Marchand de Venise »
Woody Guthrie, « The Jolly Banker »
Goethe, « Faust »

Cartographie

Cécile Marin (conseiller scientifique, Dominique Plihon)

Le circuit de la création monétaire
Les banques dans la machinerie financière
Régulation et collusions

Chronologie

Un moteur à explosion
Chaos

Documentation

Olivier Pironet
Essais
Sur la Toile

vendredi 3 juin 2011

Le procès DSK, Daniel Mermet, Gérard Mordillat, François Ruffin

Le procès DSK
Daniel Mermet, Gérard Mordillat, François Ruffin
Démopolis
2011


Présentation de l'éditeur
Coupable ou innocent ?
Par la volonté du peuple, le tribunal se réunit sous la présidence de Daniel Mermet pour juger le citoyen Dominique Strauss Kahn.
François Ruffin et Gérard Mordillat dressent l’acte d’accusation et représentent le ministère public.
Jean-François Kahn et Christophe Clerc assurent la défense de l’accusé.
Nombreux sont les experts invités à la barre : Frédéric Lordon, Jacques Sapir, Bertrand Reuthé et … Stéphane Guillon !
La candidature de Dominique Strauss Kahn à la présidence de la république au nom du PS, face à Nicolas Sarkozy, est-elle une chance ou un risque pour la gauche ? À vous de juger après cette lecture instructive et jubilatoire.
? Ministre de l’Économie et des Finances lorsque Martine Aubry était ministre de l’Emploi, DSK a participé à la mise en place des 35 heures.
? Directeur général du Fonds Monétaire International (FMI), nommé sur proposition de Nicolas Sarkozy, DSK a validé les plans d’austérité en Grèce et en Irlande.
LES AUTEURS
Daniel Mermet est journaliste, écrivain et producteur sur France Inter de l’émission : Là bas si j’y suis.
François Ruffin est journaliste et fondateur du journal Fakir. Auteur de La guerre des classes, Fayard (2008).
Gérard Mordillat est romancier et cinéaste. Préfacier de Karl Marx, auteur de Rouge dans la brume (2011).

vendredi 13 mai 2011

écouter: DSK devant le Tribunal des condamnés d'avance !

D.S.-K. C’EST EXQUIS !

Pourtant, une poignée d’extrémistes poursuit notre futur président devant
le Tribunal des condamnés d’avance

Mais de quoi notre exquis futur-Président peut-il bien être accusé ?

C’est ce que nous allons apprendre, à l’appel des AMG de Là-bas si j’y suis,
les amis de Fakir, l’AL (association Lancry) et le CVMV (Cercle vélocipédiste
marxiste de Vincennes).

écouter:

DSK devant le Tribunal des condamnés d'avance !
Avec
le Président du Tribunal : Daniel Mermet
le Procureur : Gérard Mordillat
le Producteur stagiaire : François Rufin
et les Avocats de la défense : Jean-Marc Daniel et Christophe Clerc.
Et des témoins et experts : Gérard Filoche, Jacques Cossart, Philippe Cohen
Anaëlle Verzaux, et Frédéric Pagès
Et pour la musique : le Trio des plongeurs, soit Julien Eil et Denis Charolles

Là-bas si j'y suis par Daniel Mermet, 11 mai 2011

DSK devant le Tribunal des condamnés d'avance ! II
Avec le Président du Tribunal : Daniel Mermet, le Procureur : Gérard Mordillat, le Producteur stagiaire : François Rufin et les Avocats de la défense : Jean-Marc Daniel et Christophe Clerc.
Et des témoins et experts : Gérard Filoche, Jacques Cossart, Philippe Cohen, Michel Husson, Anaëlle Verzaux, Frédéric Pagès, Frédéric Lordon, Bertrand Rothé et Odile Conseil.
Et pour la musique : le Trio des plongeurs, soit Julien Eil et Denis Charolles.

Là-bas si j'y suis par Daniel Mermet, 12 mai 2011

lundi 25 avril 2011

videos: Colloque Economistes atterrés

 videos: Colloque Economistes atterrés 
Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques, Paris
9 octobre 2010


Introduction : la démarche des « économistes atterrés » (Philippe Askenazy, CNRS) 

Table Ronde N°1 : « Régulation financière : protéger ou désarmer les marchés ? »
(quelle analyse des initiatives de régulation prises depuis 2008 ? ne visent-elles pas surtout à protéger la finance de ses excès sans remettre en cause son pouvoir ? quelles alternatives proposer ?)
Frédéric Lordon (CNRS)

André Orléan (CNRS, Président de l'Association Française d'Economie Politique)

Dominique Plihon (Université Paris 13)

Nathalie Peré-Marzano (déléguée générale du CRID)

Romain Rancière (Ecole d’Economie de Paris)

Animateur : Bruno Tinel (Université Paris 1)
débat avec la salle
déjeuner

Table Ronde n°2 : « Sortir du piège de la dette et de l’austérité en Europe »
(quelles politiques monétaire et budgétaire, quelle coordination des politiques macroéconomiques...)
Antonella Stirati (Université de Rome)

Till Van Treeck (Institut für Makroökonomie und Konjunkturforschung (IMK), Düsseldorf)

Michel Devoluy (Université de Strasbourg)

Henri Sterdyniak (Observatoire Français des Conjonctures Economiques - OFCE)

Andrew Watt (Institut de Recherche de la Confédération Européenne des Syndicats, Bruxelles)

Pierre Khalfa (Union syndicale Solidaires)

James Galbraith (Université du Texas)

Animatrice : Julie Valentin (Université Paris 1)
débat avec la salle

Table Ronde n°3 : « Croissance, emploi, consommation, écologie, solidarités... : quelle économie pour quelles finalités ? »
(comment les crises, économique, sociale, écologique, géopolitique, obligent-elles à repenser les outils et les finalités de l’économie, à redéfinir le modèle européen de développement ?)
Geneviève Azam (Université Toulouse 2)

Cédric Durand (Université Paris 13)

Nasser Mansouri (CGT)

Sandrine Rousseau (Université Lille 1 et Conseil Régional du Nord Pas de Calais)

Jean-Paul Moatti (Université de la Méditerranée)

Animateur : Christophe Ramaux (Université Paris 1)
débat avec la salle

synthèses et perspectives
Thomas Coutrot (Conseil Scientifique d'Attac)
Dany Lang (Université Paris 13)

Débat avec la salle




Manifeste d'économistes atterrés
Crise et dettes en Europe : 10 fausses évidences, 22 mesures en débat pour sortir de l'impasse

Philippe Askenazy , Thomas Coutrot , André Orléan , Henri Sterdyniak
Editeur: Les Liens qui libèrent
2010